Parc Andasibe

Nous partons 3 jours avec un couple d’amis dans le Parc d’Andasibe, à environ 150 km à l’est de Tana, pour observer les lémuriens dans leur habitat naturel : la forêt primaire.

lémurien marron

Le taxi-brousse nous lâche sur la RN2 à l’intersection de la route du Parc d’Andasibe. Nous récupérons notre paquetage et le Sprinter repart en trombe au son du Salegy. Je prends une grande bouffée d’air frais… Forêt primaire, secondaire, tertiaire, nous voilà ! Nous avons de la chance, on a beau être dans la zone humide de Madagascar, le soleil est avec nous ! Dans les Pangalanes,nous avions eu de la pluie tous les jours !

foret andasibe

Après un pit-stop dans notre bungalow (chez Feon’ny ala) et un mine sao, nous sommes parés pour nous immerger dans la forêt humide. L’entrée du parc est à environ 1 km de notre hôtel. La réserve d’Andasibe est une forêt, essentiellement primaire (non modifiée par l’homme), dense et humide. Elle abrite le plus grand des lémuriens de Madagascar, l’Indri-Indri. La majorité de la faune et de la flore du parc est endémique (+80%). Et il y a du beau monde : 14 espèces de lémuriens, 108 espèces d’oiseaux, 51 espèces de reptiles…

indri andasibe

Babakoto

Le parc se visite obligatoirement avec un guide agréé. Aujourd’hui, c’est Prosper qui s’y colle. Le jeune guide est prudent : « Il est déjà tard pour voir les lémuriens, le mieux est de partir le matin ». Prosper est de la nouvelle école et ça se voit. C’est armé d’un I-phone qu’il appâte le lémurien. Avec plus ou moins de succès… Le son enroué de l’I-phone n’a pas l’air de faire illusion. Lémuriens d’accord, mais on n’apprend pas au vieux singe à faire la grimace ! Les cris enregistrés ressemblent plus à des ultra-sons de baleineau qu’au chant des Indri-Indri. Je m’attends même à voir débarquer Moby Dick d’un moment à l’autre ! Finalement c’est un groupe d’Italiens qui nous mettront sur la piste de l’Indri-Indri. Le plus grand lémurien est en pleine sieste digestive, perché sur un arbre, braqué par une dizaine d’objectifs plus long les uns que les autres. Babakoto, comme l’appelle les Malgaches, est très respecté. Ce serait un lointain ancêtre qui aurait choisi de revenir habiter dans la forêt. Ce statut privilégié lui a évité bien des ennuis avec ses cousins les humains.

lémurien en action

lémurien marron

Un peu plus loin, un groupe de lémurien est quant à lui en plein mouvement. Il s’agit des « marrons ». Classés parmi les lémuriens crépusculaires, les marrons s’activent en fin d’après-midi. En groupe, ils se nourrissent essentiellement de fruits et de feuilles. Ils ne sont pas très farouches. Les acrobates surfent sur la cime des arbres en file indienne, avant de bondir un peu plus bas quand ils ont repéré des petites douceurs à grignoter. Nous les observons d’assez près. Ils communiquent en faisant des bruits de… cochon ! Ils repartent comme ils sont arrivés, en bondissant de branche en branche à vive allure.

caméléon mini

Nous retrouvons Prosper le soir pour une virée nocturne en forêt. Et oui, on ne voit pas les mêmes lémuriens le jour et la nuit. Prosper lui-même, a l’air d’être plutôt nocturne que diurne. D’emblée, il nous repère de magnifiques caméléons de la taille d’un petit doigt. Il débusque des lémuriens laineux dans les arbres. Nous les observons avec nos lampes torches. Ces boules de poils ont l’air de grosses peluches. Difficile pour des non-initiés de remarquer les lémuriens la nuit. Personnellement, à moins d’être devant lui par hasard, je ne distingue pas les deux billes écarlates… A 30 mètres, notre guide nocturne, lui, nous débusque un Microcebus hyperactif, le plus petit des lémuriens : il tient dans notre main.

bungalow feon'ny ala

La nuit au bungalow a été agitée. Nos voisins Hollandais nous ont réveillés en se couchant et en… se réveillant ! Le tout en fanfare ! En fait, les cases n’étaient pas isolées du tout, avec un trou sans vitre en guise de fenêtre (et un volet en bois quand même). Nous avons même dormi en polaire ! On ne s’imagine pas, mais il fait froid la nuit en forêt.

propithèque à diadèmes

Sifaka ou propithèque à diadèmes

Plus agréable à l’oreille que la langue natale de Dave, le chant des Indri-Indri résonne dans la forêt au petit matin. Les cris s’entendraient à 4km à la ronde selon Prosper. Une pluie fine vient ajouter un peu de magie à l’instant. Dès que le soleil revient, nous rejoignons l’entrée du parc pour faire un trajet un peu plus long. Aujourd’hui, c’est Nestor notre guide. La trentaine, sûr de lui, une démarche à la Barack Obama (même en chaussure de rando), avec Nestor, nous n’allons pas être déçu ! En tout cas il se démène pour nous le prouver. Nous comprenons vite que c’est à un véritable « show » que nous allons assister ! A peine pénétré dans la forêt, Nestor ne tient plus en place. Il nous parle des différentes espèces de lémuriens, puis des plantes et des oiseaux. Par moment, il s’immobilise, aux aguets, et racle sa gorge pour laisser échapper quelques cris, avant de reprendre son exposé sur les différentes espèces endémiques. En quelques mètres, il nous fait pas moins de 4 cris différents. Et ça marche mieux que l’I-phone ! On tombons nez à nez avec le Sifaka ou Propithèque à diadèmes. Mon préféré ! Un des plus difficiles à approcher dans le coin. Hier, nous avons eu l’apprenti guide, aujourd’hui nous avons le vieux briscard.

termitière

termitière

En chemin nous rencontrons des termitières géantes, des fourmilières accrochées dans les arbres et des sangsues que la pluie matinale a fait sortir… Des lémuriens aussi bien sûr ! Nestor est sur la piste des lémuriens des bambous. Petits, agiles et farouches, nous arrivons à en suivre un hors des sentiers battus. Pas de photos hélas, notre ami est trop pudique et vraiment trop rapide !

indri indri

Indri Indri

Nestor a aussi  le coup avec les Indri-Indri. Pour les attirer il alterne le cri de l’Indri en ruth, avec le cri territorial. Je tombe sous le charme de l’appel amoureux. C’est le smac d’un bisous suivi du soupir de soulagement qu’on laisse échapper quand on vient de boire une boisson désaltérante. Les tananariviens en ruth appellent la gazelle d’une façon étrangement similaire… Nous grimpons le plus haut possible pour observer ces peluches paisibles à l’allure humaine, accrochées à la cime des arbres. Les cris de Nestor plaisent aux Indri. La curiosité opère des deux côtés. Chacun s’observe gentiment.

lémurien laineux

lémurien laineux en pleine sieste

En parcourant la forêt de fougères et de plantes grasses géantes, Nestor remarque plusieurs lémuriens laineux en pleine sieste blottis les uns contre les autres. Nous sommes si près que nous pourrions les toucher. Aveugles, ils ne nous voient pas mais nous entendent. Je dois raisonner Margaux pour l’empêcher de ramener un petit lémurien. C’est interdit Margaux !

Bravo Nestor pour le show, nous nous sommes bien marrés et la rencontre avec les lémuriens de la forêt a été magique.

village andasibe

Une balade jusqu’au village d’Andasibe et ses allures de far-west

Le lendemain, l’heure du retour a sonné. Avec nos amis de Tana, nous interceptons un taxi-be sur la route. Il y a encore de la place pour nous 4, nickel. A l’avant, deux femmes commencent à entonner des chants. Elles sont reprisent en chœur par tous les passagers. Un canon s’improvise. Nous profitons de ce spectacle aux premières loges dans le taxi-chorale ! Tout sourire, chacun prend son rôle à cœur : il y a le baryton, les sopranos, etc… Ambiance magique… Nous sommes à Madagascar, ces moments nous le rappelle. Nous traversons de beaux villages colorés. Les passants sont ameutés par les coups de klaxons incessants de notre Sprinter. Même le billet glissé à l’agent de police n’a pas la même saveur que d’habitude. On dirait un jeu ! Ça fait rire tout le monde. Oui je le confesse, j’ai aimé ce trajet en taxi-brousse !!!!

Bientôt Moramanga, puis Tana… Nous étions bien, loin de Tana…

Venir à Andasibe depuis Tana : En taxi-brousse, deux solutions. Soit prendre un taxi-brousse depuis Tana en direction de Tamatave. Il vous déposera à l’intersection de la route qui mène au Parc. Il faut finir à pied sur 1,5km pour rejoindre l’entrée. Soit prendre un taxi-brousse jusqu’à Moramanga et un autre à Moramanga direction Andasibe. C’est moins cher.

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6 réponses à “Parc Andasibe

  1. Rien que pour avoir aimé un trajet en taxi-brousse ça valait déjà le détour ! 🙂
    Saluations de Puschkar (Rajasthan, Inde)

  2. Génial ! et la photo du Caméléon est au TOP ! T’as pas pris des vidéos ? biz à vous 2 ! 😀

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