Les Pangalanes 3 : Manambato

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Un autre matin paisible à Andranokoditra. Côté débarcadère, des gamins sont en train de se laver les dents dans le canal.  De notre côté, c’est un peu plus agité. Nous n’avons aucun taxi-brousse de réservé pour le retour. Nôla n’a pas le numéro des compagnies de bus et nous sommes à au moins 2h30 de la route principale. Nous devons encore prendre le bateau jusqu’à Manambato et le 4×4 sur une piste dans un sale état après 4 jours de pluies…  C’est décidé, avec Guillaume on mettra le cap aujourd’hui sur Manambato, toujours dans les Pangalanes, mais seulement à 7 km de la route principale. Nous passerons la nuit là-bas et lundi matin ce sera plus pratique pour espérer chopper un taxi-brousse.

La pluie est encore de la partie. Les pêcheurs ne sont toujours pas allés pêcher. Où sont-ils ? Vous le savez déjà (voir Les Pangalanes 2). Le bateau vient nous chercher. Nous saluons Nôla, notre hôte, et ce petit village du bout du monde. Pas de Nabé en vue, il doit être en train de pioncer (cuver ?). Nous allons traverser deux lacs et un bout du canal pour rejoindre Manambato. Ça aurait pu être sympa. 1 heure dans les Pangalanes à contempler la mangrove, les plantes aquatiques, les pirogues… Jaune. C’est le souvenir que je garde de la traversée. C’est la couleur du ciré que j’avais devant la gueule pour me protéger de la pluie battante !

enfants manambato

gamins de Manambato

Nous débarquons sur une belle plage de sable fin du lac Rasoabe. Margaux, Guillaume et moi partons à la découverte du village de Manambato. Des cases traditionnelles, mais aussi quelques maisons en « dur », au moins 3 églises (protestants, catholiques, sectes… il y a beaucoup à dire à ce sujet mais on y reviendra une autre fois) : classique à Mada. Nous rencontrons des processions de fidèles endimanchés, pataugeant dans la boue, mais aussi des meneurs de troupeau avec tous leurs zébus. A l’approche d’un de ces « épi-bars » (épicerie, bar, quincaillerie) dont Mada a le secret, un gars vient à notre rencontre. La vingtaine, quelques dents en moins et un costume dépareillé d’un goût douteux : vert grenouille en haut, bleu de la poste en bas, j’oubliais les tatanes et les lunettes de soleil ! Il nous demande ce qu’on fait ici : « on se balade ». Et lui ? Il bosse avec les touristes de passage. Il nous propose des excursions en pirogue sur le canal avec halte dans des villages « typiques ». Je lui dit qu’on en vient. Notre Huggy les bons tuyaux n’est pas trop insistant. Un bout de papier sur l’épi-bar indique qu’une fête se prépare au village. Le rez-de-chaussée de l’hôtel jouxtant l’épicerie a déjà sorti une dizaine d’enceintes géantes. Ça promet côté son. Ce soir ce sera « bal poussière » !

plage manambato

plage manambato

Nous retournons sur le bord du lac, les bungalows de « Chez Luigi » font face à une plage sympa. Nous réussissons à organiser notre retour avec la gérante. Elle connaît quelqu’un sur Tamatave qui va réserver nos places de taxi-brousse pour demain matin. On prendra un 4×4 de chez elle pour rejoindre la route principale et le taxi-brousse nous choppera sur la route. Une bonne chose de faite. Elle finit aussi par nous trouver un bungalow de libre. C’est pas si évident  pour ce week-end de Pâques car beaucoup de Tananariviens sont de sortie. Merci Irma ! (c’est son nom).

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Après une baignade dans le lac sous la pluie et le sacrifice d’un mérou entier (qui était à tomber !), nous louons un canoë pour l’après-midi. Objectif : le tour du lac, et caboter le long des plages du canal. En s’approchant des rives du canal, on se rend compte que la belle langue de sable blanc qu’on avait visé est plus loin que prévu : illusion d’optique (on se fait toujours avoir !). Mais quand nous accostons, c’est vraiment beau.

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Je sais qu’il y a des crocodiles dans le canal, et l’endroit fait très « crocodilesque » alors je ne lâche pas ma rame (même si je sais que face à un croco c’est aussi utile qu’un couteau suisse…). Il faut maintenant repartir car le temps se gâte sérieusement. Nous nous sommes beaucoup éloigné de chez Luigi alors nous essayons un truc : à la manière de lointains ancêtres, nous jaugeons le vent, nous sortant l’immense poncho de Guillaume (ouai ok nos ancêtres n’avaient pas de poncho), et si on fabriquait un canoë à voile ! Je me mets debout, calant la toile sous mes pieds. J’écarte mes bras au maximum au-dessus de moi. Et putain ça marche ! On avance ! Sans ramer ! Du coup nous rentrons plus vite que prévu. Ça tombe bien il s’est remis à pleuvoir.

bal poussiere

Malgré la pluie, on se bouge pour aller au fameux  « bal poussière » de Manambato. C’est pas tous les jours qu’on peut assister à une fête comme ça nous dit Irma. Je veux bien la croire ! Je retrouve mon mur d’enceinte qui crache les watts. Une boule à facettes a été installée. Sur la piste, ce sont les gamines du village qui mettent l’ambiance. Elles exhibent la chorégraphie répétée avec leur prof sur le rythme endiablé du Salegy. Les 3 vazahas ne passent pas inaperçus au milieu de la piste. Guillaume a même droit à une haie d’honneur pour prendre les mioches en photo. Certains s’interrogent sur notre présence ici. Mais l’ambiance est bon enfant. Après le spectacle des gamines, tout le monde entre en piste. Quand je dis tout le monde, c’est tout le monde : de 7 à 77 ans. Et c’est chaud ! Le mec qui nous a accueilli tout à l’heure est en train de danser collé-serré avec une nana, les mains bien accrochées à la poitrine de la donzelle. Alors quand un autre gars demande à Margaux de danser, j’ai comme une légère appréhension. Mais le gars a vu que nous étions ensemble et il la joue plutôt valse de Vienne que Franky Vincent, ça me va bien ! On ne tarde quand même pas trop : demain matin il faut se lever tôt pour chopper notre taxi-brousse.

en attendant le taxi-brousse

en attendant le taxi-brousse

Et voilà, c’est la fin de notre « voyage organisé dans les Pangalanes ». Merci à  « l’Homme et l’Environnement »  l’association sans qui on ne serait pas venu, mais qui n’a rien géré de a à z, leur flyer nous aura au moins permis de connaître ce coin sympathique et humide. Merci à Nabé, le guide alcoolique d’Andranokoditra. Il nous aura bien faire rire, c’est déjà ça. Le seul endroit qu’il nous a fait visiter, c’est une friche à côté du village qui lui appartient et qu’il tenait à nous montrer. Pourquoi ? Pour nous demander de l’argent afin monter son projet. Alors je lui ai fait un kabary : je lui ai parlé de rivière, de soleil et de zébu… Je crois qu’il a compris. Merci à la Twingo qu’on a vu embourbée sur la piste en repartant de Manambato : elle nous a bien fait rire aussi. Et on se demande encore comment elle est venue jusque-là : même en 4×4 c’était chaud alors une Twingo !

(Photos by Guillaume)

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