Un voyage organisé dans les Pangalanes

On partait dans l’idée de se faire un week-end à la cool, loin des taxis-brousse et des plans galères. Mais on a vite été rattrapé par l’inévitable. On a compris la veille du départ que rien n’allait se passer comme prévu.

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Pourtant le petit flyer était vendeur : « 19ème édition de l’évènement Fréquence Grenouille avec l’ONG l’Homme et l’Environnement : week-end dans la réserve de Vohibola » : vendredi, 7h, départ en mini-bus de Tana (je crois que c’est ce qui m’avait décidé), déjeuner à 13h à Manambato, arrivée à 16h au village d’Andrianokoditra entre le canal des Pangalanes et l’Océan Indien. Et ainsi de suite pendant les 4 jours de ce week-end de Pâques : circuit dans la zone humide, découverte du village, feu de camp avec les villageois… Précis, organisé, presque pompeux : on s’attend à voir débarquer le ministre du tourisme sur un filanjane (voir article Nouvel an malgache) pour cet évènement exceptionnel ! Un peu trop voyage organisé ?!

Quelques jours avant le top départ, on reçoit un mail de la personne en charge de l’organisation du week-end. En fait il n’y aura pas de mini-bus, il va falloir y aller en taxi-brousse (marre des taxis-brousse), il n’y a pas de déjeuner à Manambato, et le guide qui devait venir nous chercher à la croisée de la piste pour nous emmener jusqu’au village (22 km quand même) ne pourra pas venir, il sera occupé, il va donc falloir se démerder avec les villageois. Pour les activités, il faudra voir avec le guide sur place. Il y a quelqu’un de l’ONG là-bas ? Bein euh non. Et pour le retour ? Bein vous vous démerderez aussi pour rentrer sur Tana. A la veille du départ… ça sentait déjà un peu la merde ! Ok, on tente quand même, on veut découvrir le canal des Pangalanes, l’immersion dans un village loin de tout et le boulot d’une ONG là-bas.

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Rendez-vous à 6 heures du mat dans cette bonne vieille gare routière d’Ambodivona. On vous passe les rabatteurs, le bordel habituel, vous connaissez la chanson… On retrouve Guillaume, notre compagnon de galère qu’on ne connaissait pas encore. Départ avec 30 minutes de retard, on est dans le timing habituel, ça va. Après 7 heures de taxi-brousse (pause inclus), on nous lâche à Savalainha, un bled de la côte est, le chauffeur nous indique une piste en terre. C’est là qu’on va devoir poursuivre à pied.

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J’interpelle un villageois, je tente de prononcer le nom du village qu’on doit rejoindre, sans succès. Bon, on attaque la marche. Un peu plus loin on réessaie de demander notre chemin car la piste se sépare : « andjinoukouditch ? » (ouai en plus le nom du village est imprononçable pour un vazaha, ça sonne même russe !). Après 2  tentatives infructueuses, deux personnes nous font comprendre par des gestes qu’on s’est planté. Des badauds sont sortis de leurs cases pour assister au spectacle. J’ai compris le mot magique « goudron ». En gros, il faut rejoindre la route goudronnée où le taxi-brousse nous a lâché. Il nous a indiqué le mauvais chemin le bougre ! Retour à Savalainha. On demande cette fois à des gamins au bord de la route. Ni Guillaume, ni Margaux, ni moi n’arrivons à retenir le nom de ce foutu village. Je garde précieusement un bout de papier où j’ai écrit le nom du village.

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Commence alors une longue marche. Sur un des jolis flyer de l’ONG, il est indiqué 4 heures de marche. Mais ça, c’est quand on a un guide qui coupe par les chemins de traverse. Par la piste, la route est plus longue. Et pour nous, impossible de couper par la forêt sous peine de se paumer en plein. Une couille en attirant une autre, il se met à pleuvoir comme vache qui pisse : un genre de mousson. La pluie ne nous quittera plus jusqu’à la fin de la journée. La piste, déjà dans un sale état, se transforme par endroit en torrent. Après 3 heures de marche dans ces conditions, j’en ai ras le cul. On devrait apercevoir un lac, toujours rien. La luminosité a déjà vraiment baissée. A la manière de funambules, on franchit un pont, deux planches en fait, qui sont maintenant sous 20 cm d’eau. Faut bien viser ! La piste s’arrête.

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Heureusement quelques cases se dessinent au loin. « andjinoukouditch ? », un couple nous indique le chemin avant de pouffer de rire. On continue. Encore une intersection ! Nous courrons vers une case isolée. J’en peux vraiment plus ! Je me trimbale le gros sac à dos de rando, j’ai mal aux épaules, aux pieds, et cette foutue pluie, j’en ai marre !  Une mère de famille sort sa tête, elle réussit à convaincre son môme de nous guider jusqu’au Palmarium, un des seuls hôtels du coin. Le mioche nous guidera jusqu’à une annexe. Ici un groupe de Tana fait la fête. La nuit est tombée en plein ! On aperçoit enfin le lac, sa plage de sable blanc tranche avec le noir de la nuit : c’est beau (pour que je pense ça à ce moment-là, c’est que c’était vraiment beau).Un autre gars se propose de nous emmener jusqu’au vrai Palmarium cette-fois. Le guide nous dit qu’une fois là-bas, il y aura encore deux heures de marche jusqu’à Andrianokoditra : je passe mon tour pour aller jusqu’au village ! On arrive au Palmarium un peu genre bête sauvage : trempé, crevé, soûlé. Je demande si on peut dormir ici, ils n’ont plus de places. Ils ont un bateau, mais il ne part plus à cette heure-ci. Après quelques palabres, c’est ok pour le bateau. De toute façon je ne pouvais plus marcher… En plus il aurait fallu prendre une pirogue pour rejoindre le village après les deux heures de marche restantes, en pleine nuit, dur de faire plus galère comme plan !  7 heures de taxi-brousse avec 4 heures de rando sans transition ! (6 heures si on n’avait pas pris le bateau depuis le Palmarium).

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En débarquant du bateau, de nuit, sous la pluie, on ne voit pas grand-chose du village. Mais on rejoint les cases de Chez Nôla, notre hôte. Il ne nous attendait plus. Pas mécontent de trouver une case en falafa, un repas et de rencontrer Héloïse, Nathalie, Alexandre et bien sûr Nôla. La pluie est toujours là. Nos affaires sont trempées (elles le resteront) ! On est dans la zone humide de Madagascar : humide, ce sera la tonalité du week-end.

Maintenant la suite… vous découvrirez un charmant village de pêcheur, un guide alcoolique et… oups j’en ai déjà trop dit !

(photos by Guillaume !)

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12 réponses à “Un voyage organisé dans les Pangalanes

  1. ben moi, ça me fait de moins en moins rire, vos plans galère ça me fait froid dans le dos ! vous pouvez pas faire des trucs de vrais touristes de temps en temps, juste pour reprendre des forces avant la galère suivante ???? 🙂

  2. Pingback: Les Pangalanes 2 | Récit de voyage Madagascar·

  3. comme vous aurez eu toutes les galères avant cet été, ça devrait être cool quand on arrivera

  4. Pingback: Les Pangalanes 3 : Manambato | Récit de voyage Madagascar·

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