A Tana, dans ma benne…

benne

Difficile de faire 500 mètres à pied dans Tana sans croiser une benne à ordures. Elles dégueulent de détritus dans un rayon de 10 mètres. On les trouve partout dans la ville, sur le bord des routes, squattant une bonne partie du trottoir pour le plus grand bonheur des piétons (le concept du trottoir réservé aux piétons n’a pas de sens à Tana, mais c’est un autre problème). Des nuées de mouches, les chiens errants et des habitants se partagent ce garde-manger nauséabonde. Je fais tous les jours le même trajet pour aller au travail. Et chaque jour, je retiens ma respiration aux mêmes endroits. Je croise les mêmes personnes qui s’affairent dans leur benne ou qui sont postées devant, comme pour veiller sur un trésor providentiel. Le soir, de la fumée s’échappe de ces maisons-poubelles. Surement un repas de fortune en préparation. Il y a une benne qui surplombe Tana sur ma route. Elle est posée dans un virage. D’un côté la route, de l’autre, un champ qui domine une partie de la ville. Je vois toujours le même gars, adossé à sa benne, le regard rivé sur l’horizon. Je me demande à quoi il peut bien penser. Certains deviennent fous, d’autres ressemblent à des détritus vivants, lui à l’air d’avoir conservé une certaine dignité et une lucidité.

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8 réponses à “A Tana, dans ma benne…

  1. Et ben,ça donne envie tout ça.
    Hier on parlait justement des énormes cafards
    Locaux qui font des merveilles dans la cuisine
    Chinoise.apparement, quelques uns a peine
    suffisent pour nous fournir tous les protéines
    nécessaires. Il paraît que c’est l’avenir.
    Ça ne donne pas très envie. Mais,d’après tout
    Je n’ai jamais essayé.
    Bon courage dans cette aventure.
    Il me semble interminable.

  2. Ah ça fait partie du décor, c’est pas le résumé de l’aventure non plus ! L’installation est laborieuse, ça c’est sûr. Mais on passe de très bons moments aussi ! On fait pleins de rencontres super, on est dépaysé non-stop, on ne s’ennuie jamais !

  3. Pingback: Deux vazaha au zoo | Récit de voyage·

  4. Et je vois de plus en plus de femmes avec enfants qui fouillent dans les ordures.
    Cette année, j’ai vu plein de femmes et enfants qui dorment à même le sol, dans les tunnels, sur les bords de route.
    Un tableau de déchéance humaine sous l’indifférence générale car on ne voit plus rien, soit par habitude, soit par fatalité…

    • Hélas on s’habitue à ce tableau en effet. On est d’abord choqué et on se rend compte que petit à petit on n’y fait plus attention. Mais j’avais déjà vu ces scènes il y a 8 ans lors de mon premier séjour à Tana.

  5. Pingback: Homme poubelle à Tana | Récit de voyage Madagascar·

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